DOSSIER ROSE BLANCHE

Témoignages et réflexions

MICHÈLE THIBODEAU-DEGUIRE PRÉSIDENTE DE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL RÉVÉLER LE MEILLEUR DE SOI LORS D?UNE CRISE « On ne guérit jamais d?une épreuve comme le 6 décembre. Des événements aberrants, contrenature, continuent à nous faire mal au-delà des années. Cependant, on continue à vivre et on tire des leçons, même si, en tant que société, on n?apprend pas toujours très vite ! Néanmoins, je suis convaincue qu?une grave crise est l?occasion pour les gens de mettre en ?uvre le meilleur d?eux-mêmes pour changer les choses. C?est comme une bougie d?allumage. Je l?ai constaté au lendemain du drame de Polytechnique, lorsque membres de la direction, professeurs, employés, représentants des étudiants, etc., ont offert leur aide en toute simplicité. J?étais fière des valeurs qui sont ressorties dans la communauté de Polytechnique durant cette période. Cet exemple m?a servi par la suite à Centraide, où nous affrontions cette crise qu?est la misère. PRÉSIDENTE DU COMITÉ DE SÉLECTION DE L?ORDRE DE LA ROSE BLANCHE C?est un grand honneur d?avoir été choisie pour la présidence du comité de sélection de l?Ordre de la rose blanche. Nous rencontrons des défis très complexes en tant que société, alors nous avons besoin de tout « l?or gris » disponible, c?est-à-dire les cerveaux, ceux des femmes comme ceux des hommes. Or, il

Première femme à obtenir un diplôme en génie civil de Polytechnique Montréal, Michèle Thibodeau-DeGuire est également la première à occuper la présidence de l?institution. Son talent de rassembleuse s?est exprimé à maintes reprises. Notamment en situation de crise, que ce soit pour aider la communauté de Polytechnique à se relever du choc du 6 décembre 1989, alors qu?elle était directrice des communications de l?École, ou pour aider des individus risquant d?être exclus de la société à cause de leurs difficultés économiques et sociales, lorsqu?elle était à la tête de Centraide du Grand Montréal.

demeure des préjugés qui nous privent des talents de certaines femmes en sciences et en génie. Contribuer à faire tomber ces préjugés, comme se proposent de le faire les initiatives de la rose blanche, c?est permettre la réalisation de choses extraordinaires pour la société. SOYEZ AMBITIEUSES, MESDAMES ! Chaque femme qui se lance dans un domaine non traditionnellement féminin brise, pour elle-même et pour les générations de femmes qui la suivent, les barrières créées par les préjugés. De telles barrières ont existé longtemps autour des études en génie. Lorsque j?étudiais à Polytechnique à l?orée des années 60, je n?avais que trois cons?urs. Le poids d?être une minorité visible, nous savions ce que c?était ! Je dis souvent à la blague que Polytechnique fut aussi pour moi comme une école de maintien. Chacun de nos gestes et les tenues que nous portions étaient scrutés et commentés. Heureusement, aujourd?hui, les étudiantes sont suffisamment nombreuses à Polytechnique pour ne plus être le centre de l?attention. Continuons à faire passer le message aux jeunes filles : les études en génie leur permettent d?exercer des métiers passionnants et bien rémunérés. Vouloir réaliser de belles choses pour la société tout en s?épanouissant dans sa carrière, c?est une ambition légitime pour les femmes comme pour les hommes. /

« Nous rencontrons des défis très complexes en tant que société, alors nous avons besoin de tout "l?or gris" disponible. »

8 POLY / AUTOMNE 2014 / Volume 11 / Numéro 3

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