POINT DE VUE

UNE CONCEPTION SCIENTIFIQUE ET HUMANISTE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Par Catherine Florès on ne présente plus laure waridel, sociologue, environnementaliste engagée, co-fondatrice d?équiterre, et qui a voué son travail à l?émergence de l?économie écologique et sociale au québec. nommée cette année directrice exécutive du centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (cirodd), elle entend mettre en lumière auprès des organisations et du public les enjeux scientifiques et humains de la mise en pratique de solutions durables. Lorsque Laure Waridel a pris la direction du CIRODD, elle se demandait comment la collaboration entre une écosociologue et ses nouveaux collègues issus des sciences « dures » allait se passer. Une appréhension vite balayée : « J?imaginais les ingénieurs plus conservateurs dans leur réflexion sociale sur les systèmes et les paradigmes en jeu dans le développement durable. Or, je sens de leur part une grande ouverture d?esprit et une réelle volonté de faire changer les choses. J?apprécie la volonté de comprendre et la rigueur intellectuelle avec lesquelles ils abordent les enjeux économiques, sociaux et d?aménagement du développement durable. Je pense que l?expertise des chercheurs du CIRODD et la mienne forment une belle complémentarité. » Du décloisonnement des réflexions? M me Waridel est convaincue que la pluridisciplinarité est la source de solutions. « Depuis un demi-siècle, on est allé vers l?hyperspécialisation dans les disciplines, avec pour résultat des connaissances certes très pointues, mais une difficulté à communiquer entre spécialistes. Il est temps de décloisonner ! Être confronté à d?autres points de vue nous permet d?observer un problème avec une meilleure acuité, en sortant de nos propres silos. » Avec tout le savoir scientifique dont on dispose aujourd?hui sur les aspects du développement durable, pourquoi l?adoption de solutions tarde-t-elle autant dans l?ensemble de la société ? Selon M me Waridel, c?est dans le passage à la mise en ?uvre de solutions que se rencontrent la plupart des écueils. « L?opérationnalisation sur toute la chaîne économique, c?est le gros enjeu du développement durable. Il y a tellement de dynamiques qui entrent en ligne de compte qu?il est difficile pour les décideurs de faire le choix d?un modèle de stratégie qui rallie les parties prenantes comme il se devrait. » Et de souligner qu?en aidant les décideurs à aborder cette complexité avec des outils basés sur des données scientifiques, le CIRODD leur permet de considérer des solutions crédibles, réellement applicables sur le terrain et qui apporteront une vraie différence. ? à la co-construction de solutions Elle estime que la réussite de l?opérationnalisation nécessite la prise en compte initiale des préoccupations des parties prenantes : collectivités, entreprises et citoyens, dans la recherche de solutions. Les parties prenantes doivent être considérées non comme des entités aux intérêts antagonistes ou des « objets d?études », mais comme des partenaires à part entière. « Il faut opérer un maillage entre ces parties, les amener à une réflexion sur des solutions en faisant converger leurs intérêts », explique la chercheuse. Cette démarche qui vaut à l?échelle locale vaut aussi à l?échelle internationale, où les facteurs géopolitiques apportent une couche supplémentaire de complexité. « Mais complexité ne veut pas dire infaisabilité ! » 6 POLY / AUTOMNE 2015 / Volume 12 / Numéro 3

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