GRAND DOSSIER

LE GÉNIE CONTRE LE CANCER

Spécialiste de la microfluidique, le P r Thomas Gervais, du Département de génie physique, conçoit des réseaux de canaux miniatures, dont le diamètre peut être aussi petit qu?un micron, qui acheminent les fluides dans des laboratoires sur puce. Il mène actuellement des travaux visant le développement de procédés de diagnostics et de validation de thérapies pour les cancers des ovaires ou de la prostate. Un de ses projets, qu?il mène en collaboration avec la D re Anne-Marie Mes-Masson, responsable de l?axe cancer au CRCHUM, concerne l?élaboration d?un système de mesure de l?efficacité suffisamment petit n?a pas besoin de vascularisation pour s?alimenter. C?est le milieu dans lequel il baigne qui l?alimente directement. Une fois maintenues au sein de leurs micro-éprouvettes, les cellules cancéreuses sont mises en contact avec des traitements de chimiothérapie. En moins d?une semaine, il est possible d?analyser les résultats de ces traitements, au lieu de plusieurs mois de traitement in vivo. Un centimètre cube de tumeur suffisant à remplir une centaine de ces laboratoires sur puce, il est aisé de tester plusieurs médicaments à partir d?un même échantillon de tumeur d?un patient. P R THOMAS GERVAIS, DÉPARTEMENT DE GÉNIE PHYSIQUE

TUMEURS SUR PUCE : DES MICROSYSTÈMES POUR PERFECTIONNER LE TRAITEMENT DU CANCER

Dans la bataille contre le cancer, le temps est un facteur déterminant. Dans le cas d?un cancer comme celui des ovaires par exemple, dénommé « le tueur silencieux » en raison de son agressivité, 70 % des patientes ne sont diagnostiquées que lorsque le cancer est déjà à un stade avancé, laissant une espérance de vie de cinq ans en moyenne. Or il faut des mois avant de pouvoir valider les résultats des traitements de chimiothérapie aux effets secondaires très lourds pour les patientes. Raccourcir les délais pour le diagnostic et le choix d?une thérapie pourrait sauver ou tout au moins améliorer la qualité de bien des vies. Un espoir se dessine avec l?essor des laboratoires biomédicaux sur puce, qui accélèrent l?obtention d?informations précises sur les cellules. Ces dispositifs peu coûteux qui tiennent dans le creux de la main réunissent plusieurs étapes normalement réalisées en laboratoire en vue d?établir un diagnostic. d?un traitement sur une tumeur. Le dispositif est formé d?une série de microcanaux dans lesquels sont conservées des sections miniatures de tumeur (moins d?un mm de diamètre). Alimentées par un substrat, ces sections peuvent être maintenues vivantes jusqu?à une semaine. « C?est une avancée, car on ne sait pas cultiver une tumeur in vitro. Quant à la culture de cellules en boîtes de Pétri, elle ne fournit pas assez d?informations, car les cellules ne possèdent pas une architecture tridimensionnelle complexe, comme en milieu vivant. Ici, on reproduit d?assez près les conditions de vie des cellules dans les tissus in vivo », remarque Thomas Gervais. Son équipe a démontré, d?abord avec des modèles mathématiques, puis par des expériences, qu?un échantillon tumoral Aujourd?hui, ce projet en est à la phase d?optimisation de la combinaison de tests nécessaires pour mesurer l?effet de la chimiothérapie. « Nous travaillons principalement avec des tumeurs de souris, mais nous avons aussi quelques fois accès à des tumeurs humaines, grâce à des collaborations avec les chirurgiens du CRCHUM. L?objectif est de trouver la bonne façon de mesurer l?effet de la chimiothérapie sur nos puces. Quand cette étape sera franchie, il sera possible d?essayer en peu de temps plusieurs combinaisons de médicaments sur la tumeur d?un patient afin de s?assurer de lui administrer le traitement répondant le mieux à son cas. Ce sera un pas de plus vers la personnalisation des soins », annonce le P r Gervais. / 8 POLY / OCTOBRE 2016 / Volume 13 / Numéro 3

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