GRAND DOSSIER

CHAÎNES LOGISTIQUES DES MATIÈRES DANGEREUSES : IL EST TEMPS DE REPENSER LES STRATÉGIES

Par Catherine Florès Des chercheurs du Département de mathématiques et de génie industriel ont entrepris de dresser un portrait réaliste du contexte de fonctionnement des chaînes logistiques de matières dangereuses. Leur objectif : fournir aux intervenants des informations plus complètes et exploitables en vue du développement d?outils de prévention qui prennent en compte la chaîne logistique dans son ensemble. L?accident ferroviaire de Lac-Mégantic l?été dernier a tragiquement mis en lumière les risques liés au transport de matières dangereuses au Canada. Mais le transport, la manutention et l?entreposage des matières dangereuses présentent un ensemble de problématiques beaucoup plus vaste, que ni les entreprises, ni les pouvoirs publics, ni les citoyens ne sont actuellement en mesure d?appréhender entièrement. « Il n?est malheureusement pas si surprenant qu?une catastrophe comme celle de Lac-Mégantic ait pu se produire. En 2013, l?équivalent d?au moins 2000 trains de même taille transportant du pétrole brut auront circulé au Canada, et, comme on a pu le constater, dans des conditions de sécurité parfois à améliorer », signale la P re Nathalie de Marcellis-Warin du Département de mathématiques et de génie industriel (MAGI) et vice-présidente des groupes Risques et Développement durable du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO). « Et ce n?est que la pointe de l?iceberg. Car les matières dangereuses, ce ne sont pas uniquement les carburants. Ce sont aussi un grand nombre de produits utilisés dans les activités industrielles et agricoles, tels les substances chimiques, les gaz et les engrais, entre autres, qui peuvent présenter des risques pour la population ou l?environnement en cas d?accident. » Toxiques, explosives, inflammables, corrosives, voire radioactives, les matières dangereuses se retrouvent toute l?année sur les routes, les rails, les voies fluviales, les sites d?entreposage, et à l?extérieur ou à l?intérieur des milieux urbains. Comme le souligne M me de Marcellis-Warin, ces matières sont soumises en tout temps à diverses défaillances du mode de transport ou de confinement, et, bien entendu, à l?erreur humaine, responsable de 65 % des accidents qui surviennent durant le transport. Dans ce contexte, comment mieux évaluer les risques et comment mieux les gérer? C?est cette réflexion qui a mené la P re de Marcellis-Warin à coordonner, avec le P r Martin Trépanier, du Département de MAGI, et Ingrid Peigner, directrice de projets au CIRANO, la production d?un ouvrage lancé cet automne : Stratégies logistiques et matières dangereuses. Une vingtaine d?experts du Québec et de la France ont collaboré à la rédaction de cet ouvrage, dont des chercheurs de Polytechnique comme Diane Riopel et Gilles Savard. « Une chaîne logistique implique un ensemble de choix : la sélection des fournisseurs, des distributeurs, des modes de transport, du mode d?entreposage, ainsi que des équipements et du personnel pour ces opérations. Actuellement, même pour la chaîne logistique des 6 POLY / Automne 2013 / Volume 10 / Numéro 3

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