PorTraiT

P

re

diane rioPel : Une Passion d'enseiGner ToUJoUrs inTacTe

PAR CATHERINE FLORÈS Enseignant au sein du Département de mathématiques et de génie industriel de Polytechnique depuis 1983, la P

re

Diane Riopel est également reconnue pour ses activités de recherche en logistique, de même qu'en tant que cotitulaire de la Chaire Marianne-Mareschal pour la promotion du génie auprès des femmes, qu'elle a cofondée en 1998. En début d'année, elle a reçu le titre de Fellow d'Ingénieurs Canada, sur la recommandation du Comité exécutif de l'OIQ. Cet honneur, réservé à celles et ceux qui ont apporté une contribution remarquable à la profession d'ingénieur, représente pour M me Riopel «  une belle tape dans le dos, une reconnaissance de l'utilité de mon engagement ». 6 PolY / Printemps 2013 / Volume 10 / Numéro 2 Les racines de cet engagement remontent aux années où elle-même étudiait à Polytechnique, soit entre 1974 et 1977. « À l'époque, les filles qui étudiaient dans les disciplines scientifiques se voyaient classées en deux catégories : les ''superbolées'', sortes de bêtes curieuses, et les filles qui cherchaient un bon parti en vue du mariage. Comme je n'entrais dans aucune de ces catégories, je sentais qu'il fallait que je m'affirme dans ma volonté de devenir ingénieure. Ces préjugés n'engendraient pas de comportements méchants chez mes camarades masculins, mais à la longue, c'était lourd. Je me suis dit qu'il n'était pas nécessaire que les étudiantes aient à vivre cela. Plus tard, c'est ce qui a motivé ma participation à la fondation de la Chaire marianne- mareschal. » « Un préjugé est plus difficile à briser qu'un atome », a dit Einstein. Ce que confirme diane Riopel : « Cela demande des efforts constants et une vision à long terme. Permettre aux femmes de prendre toute leur place sur la scène professionnelle nécessite d'effectuer des changements de culture profonds dans la société. C'est une autre forme de révolution tranquille  ! Aujourd'hui, on constate évidemment de belles avancées. La présence des filles dans un établisse- ment comme le nôtre est perçue comme naturelle. d'ailleurs, il est significatif, je pense, que les blagues sexistes n'aient plus la cote chez les étudiants. » La professeure observe que ses étudiants des deux sexes ont des préoccupations semblables en ce qui concerne leur avenir. « Certes, pour les femmes, la volonté de faire des enfants continue d'avoir un impact sur le plan de carrière. mais de toute façon, dans notre époque où tout change constamment, un plan de carrière tout tracé est une chose qui se raréfie. » Il y a une chose dont est convaincue m me Riopel, c'est l'impact social positif de l'accès aux professions du génie pour les femmes. « Plus il y aura de femmes ingénieures, moins il y aura d'enfants pauvres », affirme-t-elle. En tant que professeure, elle veut transmettre à ses étudiants le goût de l'effort, la capacité d'utiliser les solides outils donnés par les sciences du génie pour créer, ainsi que les notions de responsabilité, d'honnêteté et d'humilité. « Je leur rappelle toujours qu'on doit savoir que l'on ne sait rien. Il faut aborder les problèmes de façon objective, sans idée préconçue, car innover, c'est souvent prendre en considération ce qui avait été négligé auparavant. »

Vous devez télécharger Flash Player


Vous devez télécharger au minimum la version de Flash Player 9

Cliquez ici

Adobe Flash Player Download Center